Voyage au Pérou : La fête du Q’oyllur Riti

C’est une importante manifestation de la religion andine dans laquelle de nombreux fidèles font un pèlerinage de plusieurs jours empruntant un chemin très accidenté pour arriver à Sinakhara au pied du Nevado Q’oyllur Riti situé dans le district de Ocongate près de Cuzco. Ce pèlerinage au sanctuaire du Señor de Q’oyllur Riti a été déclaré Patrimoine Immatériel de l’Humanité par l’ UNESCO. Q’oyllur Riti est un mot quechua qui signifie « neige brillante ». Plus de 100000 pèlerins montent chaque année jusqu’aux limites des neiges éternelles. La procession s’effectue entre les mois de mai et juin mais la date est variable. Habituellement, elle se fête 58 jours après « la Semana Santa ». La fête du Q’oyllur Riti est considérée comme une des fêtes indigènes les plus importantes d’Amérique.

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perouLa fête commence le jour de la Sainte Trinité. Les conditions sont difficiles. L’ascension se fait à des températures pouvant atteindre -4° C. La marche s’accompagne d’une procession, de feux d’artifices et du marché symbolique de « Las Alacitas » (foire d’objets miniatures). Tout au long du chemin des danseurs déguisés en personnages mythiques (chauchos, qollas, pabluchas ou ukukus) entament leur pas. Les Ukukus (ours) sont les protecteurs du seigneur mais aussi des Apus (esprits des montagnes) et des Apachetas, sorte de petits monticules de pierres, pierres placées ici par les fidèles et qui permettent d’expier les pêchers. Ce sont des personnages très importants. La légende veut qu’un ours à lunettes ait capturé la fille du village. Leur union donna un enfant moitié homme et moitié ours. Un jour la mère confessa toute l’histoire à son fils qui, pris de colère affronta son père dans une lutte où l’ours fut vaincu. Le jeune homme et sa mère s’enfuirent au village. L’ours revenu à la vie et déterré grâce à sa force brute se voit dans l’obligation d’errer sur la terre jusqu’à ce qu’il reçoive la pitié de Dieu qui lui donne le savoir et un secret qu’il doit garder éternellement avec lui. Les Ukukus ont également la fonction de maintenir la discipline durant les actes liturgiques. Ce sont eux qui punissent les perturbateurs de la fête. Ils représentent un monde entre l’homme et l’animal. Ils se couvrent le corps avec un déguisement d’ours ressemblant à « el Oso de Anteojos », l’ours à lunettes très présent dans la région. Ils portent aussi un masque du même animal et arbore un fouet. Aussi nommé  « Pabluchas », les Ukukus doivent être forts, sains et ne doivent pas avoir peur de la mort. Pour montrer leur valeur, ils grimpent jusqu’aux neiges éternelles du Nevado  Shinakara, réalisent un rite spectaculaire et redescendent chargés d’énormes blocs de glace. Ce sont des offrandes au Seigneur de Q’oyllur Riti et en tant que telles, elles sont ramenées à Cuzco le jour du Corpus Christi et aussi dans leur communauté pour arroser les terres avec de l’eau bénite. Les dévots pensent que cette eau a des pouvoirs magiques, elle pourrait guérir le corps, purifier l’âme, faire pousser l’herbe et même gaver le bétail.

Plusieurs trekkings de 3 ou 4 jours sont  organisés durant les festivités. Au commencement, l’objectif est de suivre les quelques 2000 pèlerins qui grimpent chaque jour. La marche se fait habituellement de nuit et on arrive vers 3 heures du matin au campement. Le second jour après avoir déjeuné, on se rend à l’église et on assiste à la messe journalière d’une demi heure environ. Puis c’est le début de l’ascension de la montagne sainte du Q’oyllur Riti où on observe les différents rites et coutumes mis en pratique par les Ukukus. En redescendant on pourra se rendre au marché où chaque visiteur a l’habitude de participer. Le troisième jour est plutôt consacré au retour, même si une escale est prévue à Mawayani petit village typique. Il faut 2 heures pour parcourir à pied le chemin du retour jusqu’au village. Après avoir déjeuner un véhicule nous ramène à Cuzco. L’image de l’Ukukus est partout présente au Pérou et dans la ville de Cuzco mais sa signification  est plus forte et plus présente dans les petits villages à proximité. Le personnage sans conteste fait parti du folklore Andin et vous n’aurez aucun mal à l’apercevoir dans la ville impériale. Profitez-en pour le photographier et danser avec.